La mousse florale, voilà un sujet à propos du quel j’avais envie de vous parler depuis longtemps. Ce pour de multiples raisons et surtout car je tente de l’éradiquer de mon atelier depuis bien des mois et que mes essais pour la remplacer portent doucement leurs fruits…

Mais, qu’est-ce que la mousse florale?

La mousse florale, qui porte d’ailleurs plein de noms différents, c’est ce bloc vert imbibé d’eau qui est utilisé généralement par les fleuristes pour créer des compositions. Si vous avez déjà acheté une composition florale ou suivi un cours d’art floral, les chances sont grandes que vous ayez été confronté à ce matériau vert spongieux dans lequel les fleurs et les végétaux sont piqués.

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Personnellement, j’ai découvert cet objet alors que ma maman suivait des cours d’art floral lorsque que j’avais 5 ans, et je me souviens très bien de la sensation que représentait de piquer une tige dans ce beau bloc tout neuf que je n’avais pas le droit de manier toute seule… Ce sont ces doux souvenirs, entre autres, qui m’ont donné envie de me tourner vers l’art floral bien des années plus tard.

Ce n’est qu’après avoir terminé l’école des fleuristes et commencé à travailler sérieusement avec les fleurs que j’ai réalisé à quel point cet objet et les techniques qui découlent de son utilisation n’étaient pas appropriées à ma vision du monde et par là même à ma vision du travail floral. J’entreprends donc depuis deux ans de l’éradiquer de mon atelier et de trouver de nouvelles techniques pour créer SANS mousse florale.

Laetitia Mayor | floresie.com

Et, pourquoi vouloir s’en passer?

D’abord, c’est un produit dérivé du pétrole (pour faire simple, disons qu’il s’agit d’une espèce de plastique), qui est à usage unique, non recyclable et non-biodégradable. Vous me direz que ça commence plutôt mal et je serai parfaitement d’accord avec vous.

Cette mousse est aussi très friable. Quand elle est sèche, elle génère beaucoup de poussières fines que ni vous ni moi n’avez très envie de voir infiltrer vos poumons (surtout quand on a des poumons d’asthmatique comme moi…).

Ensuite, les blocs de mousse sont évidemment vendus sous des formes variées mais jamais au grand jamais ne correspondent-elles vraiment à la taille du contenant que j’ai envie d’utiliser (évidemment). Il faut donc la recouper pour la faire passer et donc générer des déchets (parfois de taille importante) que l’on ne pourra guère valoriser ou réutiliser plus tard.

Aussi, la texture de la mousse florale implique que la tige de la fleur soit suffisamment épaisse et rigide pour que l’on puisse l’y piquer sans qu’elle ne se brise. Cela n’est en général pas un problème lorsque l’on utilise des fleurs d’horticulture qui ont été au fil du temps optimisées pour avoir des tiges bien droites et bien rigides, mais qui n’ont pas le charme et la délicatesse des fleurs de jardin dont je suis si amoureuse. Bref, l’utilisation de mousse à piquer limite le choix des fleurs que l’ont peu insérer dans une composition.

Enfin, cette mousse sert aussi de réserve d’eau dans laquelle les fleurs puisent en fonction de leur besoin de liquide. Inutile d’être un grand botaniste pour imaginer qu’une fleur ne boit pas aussi bien quand elle est piquée dans de la mousse que quand elle nage librement dans de l’eau fraîche que l’on peut changer tous les jours. La mousse réduit donc la durée de vie des fleurs coupées.

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Alors quelles autres options?

S’il m’arrive encore très rarement d’utiliser de la mousse florale dans des compositions particulières pour lesquelles je n’ai pas trouvé d’autres solutions (et croyez bien que je continue à chercher), la majeure partie des compositions que vous découvrez sur mon blog, dans mes DIY ou sur les mariages que je décore en sont exempts.
Car oui, il existe beaucoup d’autres solutions allant du simple bouquet travaillé à la main et placé dans un vase, à l’utilisation d’autres éléments de structure comme les kenzans d’ikebana, le grillage à poule, les tubes à essai… tous réutilisables à souhait, adaptable à la taille des contenants, et compatibles avec les tiges fragiles et le mouvement non-figé des fleurs de jardin que j’affectionne tant…
Alors oui cela demande de travailler les fleurs et les feuillages différemment, d’avoir un rapport plus doux au végétal, de prendre le temps de réaliser des compositions que l’on ne peut reproduire exactement forçant la création à chaque nouvelle composition et qui sont plus difficiles à transporter (et là encore, tout est question de technique!). Mais je crois du fond du coeur, que le jeu en vaut la chandelle, et que le résultat vaut bien ces quelques efforts…

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© Photos Florésie 2015. Tout droit réservé.

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Comment

Laétitia, comme j'adore ton article. Je n'aime pas trop cette mousse, la toucher me donne des frissons. Même si je sais que l'année prochaine, je serai obliger de l'utiliser, dans le futur, je pense que je suivrai tes conseils. Merci
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    Merci Virginie :) Oui je pense que ce sera un passage obligé pour toi, car malheureusement c'est encore une technique largement au programme des formations de fleuristes. Mais le jour ou tu travailleras pour toi, tu feras ce que tu voudras ;)
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15/08/2015
Si seulement tous les fleuristes pouvaient penser comme toi... Merci pour ce bel article, et continue à travailler ainsi, c'est ce qui fait ta force !
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    Oh merci Flore :) A voir les réactions que ce billet a suscité, je pense que nous sommes de plus en plus à penser comme cela... maintenant il faudrait que cela suive au niveau des formations, afin que les jeunes fleuristes prennent tout de suite les bons réflexes!
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19/08/2015
Moi je me rappelle surtout que cette texture, à la fois sèche et humide, douce et granuleuse me déplaisait beaucoup au toucher. Maintenant que je lis cette profession de foi, je ne peux qu'adhérer à tes principes. Et les photos sont si belles... C'est ma minute poétique du jour. Bravo Laetitia!
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    Merci Marie <3
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29/10/2015
Laetitia, Votre sujet c'est tres important pour beaucoups des gens qui travillent avec fleurs. Ce mousse c'est tellement dangereuse pour ceux qui l'utilisent. Les surfactantes et la formaldehyde qu'on trouve dans la mousse sont des carcinogenes. Il ya beaucoups des choix creatifs que les artistes florales pouvaient employer en place de la mousse. Il existe aussi un produit nouveaux aux Etats-Unis "Floral Soil'. j'ai pas de experience avec le produit mais parait tres interesssante. Le lien: http://www.floralsoilsolutions.com/ Votre blog c'est superbe. Merci, David
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    Hi David! Thanks so much for your feedback and input, i will certainly have a look at Floral Soil :) Take care!
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Anne
19/03/2016
Merci beaucoup pour cet article, hyper intéressant sur la mousse verte!!! Intuitivement, je sentais que ce matériau n'était pas terrible pour l'environnement. Je vais pouvoir en parler autour de moi, et me tourner vers les solutions que vous proposez pour mes décos florales !
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    Je vous en prie Anne! Très contente d'avoir pu apporter un peu de lumière sur ce matériau et ravie de lire que vous allez changer de méthode! :) Beau dimanche à vous!
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schittecatte jeanne
05/10/2017
que pensez-vous de la vraie mousse qu'on trouve dans les jardins ?
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Jeanmarie Presse
10/11/2017
Bonsoir voilà je me permets de vous solliciter voilà je trouve que la mousse verte et efficace pour les fleur coupé mes es que vous avez d'autre proposition de mousse qui non pas de risque au niveau de l'environnement
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    Bonjour Jean-Marie! Non je n'ai malheureusement pas d'autre suggestion de mousse qui soit éco-friendly. Personnellement quand cela est possible j'utilise d'autres technique pour mes composition, notamment le grillage à poule ou les piques fleurs pour l'ikebana qui sont réutilisables à volonté...
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